Auteur/autrice : mouvadmin

  • Mouv’ découvre…..Hezen

    Mouv’ découvre…..Hezen

    Jeune artiste en partie d’origine martiniquaise, installée à Londres depuis une décennie, Hezen propose depuis quelques années de découvrir son univers musical grâce à des clips chiadés et un vrai sens de la mise en musique. Ses morceaux à la croisée des chemins reflètent une personnalité complexe et bienveillante. A l’occasion de son passage en Martinique, nous avons pu la rencontrer et en savoir un peu plus sur son œuvre et ses projets.

    Bonjour Sarah, peux-tu nous présenter ton parcours ?

    Je m’appelle Sarah, mon nom d’artiste c’est Hezen. J’ai grandi en région parisienne et j’ai fait des études de Sciences Politiques à Lille. Puis quand j’avais environ 20 ans j’ai eu l’opportunité de terminer mes études à Londres, qui était un endroit où j’avais des connexions musicales, par rapport à mes influences qui étaient très trip hop à l’époque. Ma maman est martiniquaise, mon papa est d’origine biélorusse et polonaise. Du côté de ma mère, il y a aussi des origines indiennes, que l’on connaît bien en Martinique. Mon arrière- grand-mère était coolie. J’ai commencé à écrire de la musique, directement en anglais, quand j’avais 13 ans. Après mes études j’ai décidé de me lancer dans la musique. La raison officielle de ma venue à Londres étaient les études, et la raison officieuse c’est que j’avais très envie de revoir Londres, où j’étais venue quelques fois pendant mon enfance et mon adolescence, et qui m’avait énormément marquée. Je suis tombée amoureuse de Londres. J’y suis depuis 11 ans et je ne regrette rien.

    Tu as quel âge, si cela ne te dérange pas de le dire ?

    J’ai 34 ans, et cela ne me dérange pas de le dire. C’est vrai que dans la pop c’est un truc qui pèse un peu, plus les années passent, surtout en tant que femme, on a un regard qui n’est pas le même. Mais je ne m’en soucie pas trop, je n’ai rien à prouver.

    Tes influences principales sont le trip hop, mais c’est un truc qui est peu « passé » pourtant.

    Oui c’était mon influence à l’époque. Après je n’en écoute plus tellement maintenant. J’ai eu un gros coup de foudre pour le trip hop au début de mes 18 ans. On m’a fait découvrir Massive Attack, Tricky, Portishead et ça avait été assez fort pour moi, même si à bien y réfléchir j’avais commencé avec Radiohead, avec des chansons comme Idioteque, sur l’album Kid A. C’est une sorte d’OVNI électronique et ça m’avait énormément marqué. Mais je ne me vois pas vraiment rentrer dans une case. En ce moment je suis en train de « désensevelir » une espèce d’influence que je vois, maintenant, depuis plein d’années, mais à laquelle je n’avais jamais fait attention, c’est la techno. C’est plus la « dance music ». Je n’avais jamais été à une soirée techno avant cette année, et là j’ai découvert qu’il y avait plein d’aspects dans cette musique que j’ai retrouvés dans la mienne. En fait, ça a toujours été un peu là. Mais après je ne pourrai pas faire de la techno pure, ça ne m’intéresse pas.

    Il y a très peu de voix dans la techno…

    Il y a très très peu de voix en techno en effet. C’est un ami allemand qui m’a fait découvrir la techno, il y a un an. C’est quelque chose qui est en train de venir un peu plus, et d’un point de vue musical, j’ai l’impression d’avoir poussé ma musique « pop » déjà loin, et là où je m’amuse le plus c’est quand je fais quelque chose sans savoir vraiment d’où ça vient. Je suis complètement surprise. Alors forcément en tant qu’artiste on se pose la question « il faut que j’essaye de faire de la musique que les gens vont aimer… » mais en fait je me rends compte surtout depuis un an que je m’amuse bien plus quand je fais vraiment ce que je veux. Et là ça a bien commencé avec le titre So we happen que j’ai fini en Martinique. Quand je l’ai fini je ne savais pas ce que c’était, et c’est finalement là, dans cette Terra incognita, que je me plais le plus.

    Alors justement, on est en Martinique, est-ce que tu penses qu’il y a une part de Martinique dans ta musique ?

    C’est marrant parce que c’est mon ancien batteur à Londres qui m’a dit il y a trois ans qu’il y avait des sonorités caribéennes dans ma musique, et je ne savais pas de quoi il parlait, et je ne sais toujours pas d’ailleurs. Il connaît la musique bien plus que moi. Je viens en Martinique depuis que je suis toute petite car ma maman vient d’ici et on y a de la famille. Mais en tant qu’adulte je n’avais jamais passé trop de temps ici. Lors du deuxième confinement, entre deux confinements, je me suis échappé de Londres.

    Tu es restée longtemps ?

    A la base je devais rester un mois, mais finalement j’en suis resté neuf. A l’époque mes parents habitaient encore en Martinique. J’étais très dépressive quand je suis arrivée, en septembre, et à partir de janvier j’ai commencé à me sentir franchement mieux. J’ai eu vraiment l’impression que la Martinique m’a fait beaucoup de bien. C’était exactement ce dont j’avais besoin. J’avais le sentiment de me reconnecter avec quelque chose que j’avais oublié, et je me doutais en arrivant que c’était ce qu’il allait se passer mais je ne savais pas quelle forme cela allait prendre. C’est intense et ça m’a surtout guéri.

    Est-ce toi qui t’occupes de la réalisation de tes clips qui sont très travaillés ?

    Oui, totalement. C’est très souvent c’est dans les moments où je viens de terminer une chanson, juste avant de m’endormir, que je visualise le clip. C’est ce qu’il s’est passé sur le morceau The Girl you want, je me repassais le morceau du début à la fin, et j’ai vu le style entier se jouer dans ma tête. D’ailleurs le clip de ce morceau a été realisé par mon amie Alice Seabright, qui a depuis écrit et réalisé quelques épisodes de la série Netflix ´Sex Education’, ainsi que sa propre série Chloé sur BBC1 et Amazon, où The Girl You Want est d’ailleurs  joue dans un des episodes

    Ce clip a un côté “lychien”, comme dans la saison 3 de Twin Peaks. On dirait que tu as le même maquillage “sans yeux” que le personnage de Naido.

    Je suis une grosse fan de Lynch et de Twin Peaks, mais je pense que le clip est sorti avant la saison 3 de Twin Peaks (un an avant, NDLR). Après je suis une super fan de Twin Peaks, je le répète. J’ai vu cette saison et pour moi c’est la meilleure télé que j’ai vue. Pour revenir à mon clip, c’est ma maman qui joue dedans. L’idée des miroirs venait de Cléo de 5 à 7 (d’Agnès Varda), qui est un film de la Nouvelle Vague. Cette chanson parle du Male Gaze (le regard masculin) et de la question de l’objectification du corps de la Femme. Les miroirs participent à cela. Le thème du morceau est “je suis une bonne actrice, je vais jouer le rôle que tu veux”.

    Concernant tes clips que tu as fait en Martinique, comment as-tu rencontré les musiciens présents dans ces clips ?

    En fait, on était en mars-avril 2021, et je commence à voir le moment où je dois partir de Martinique, et je me dis que quand même ça serait débile que je parte sans avoir fait un truc. C’est tellement beau. A l’époque je ne connaissais personne, ni vidéographe, ni musicien, et je commençais à stresser. A m’en vouloir. Et il y a eu un déclic, un lâcher-prise et je me suis dit que si cela ne se fait pas, ça ne sera pas grave. Et dès ce moment, toutes les pièces se sont mises en place. Donc par hasard j’ai rencontré à la plage une femme, qui est devenue une amie, et qui m’a dit dit “tu devrais contacter Sam, il organise des jams au Mangoresto”. Donc je contacte Sam, je lui explique et je lui demande si je peux jouer deux chansons avec mon papa à la guitare. Il me dit oui de suite, et quand je suis arrivé pour jouer, tout son groupe était préparé pour que je joue avec eux. Et c’est là que j’ai rencontré Tom au saxo, qui m’a introduit auprès de Jonathan Dansicare, dont le manager Bastien fait de la vidéo, et je rencontre aussi Johan Lebon au tambour, via John, et j’ai rencontré Marcus et Noss DJ, dont l’ingé son Gilles Pastel a branché les micros du Bèlè grâce à une copine de plage aussi.

    https://www.youtube.com/watch?v=gepG5Nl3KJwhttps://www.youtube.com/watch?v=xO8l_lcuisE

    Tu as rencontré tes musiciens comme cela à Londres aussi ?

    Curieusement ça fait 11 ans que j’habite à Londre et je n’ai pas l’impression de connaître tant de musiciens que ça. On est beaucoup en fait, trop même. Mais la différence c’est que je suis arrivée toute seule en Martinique pour la première fois de ma vie. J’avais jamais habité toute seule de ma vie, et j’ai été obligé de m’ouvrir. Du coup, cela a facilité mes rencontres. En vrai j’étais une touriste, je ne parle pas créole, et j’ai du sortir pour faire des rencontres.

    Comment vois-tu l’évolution de ta musique dans les deux prochaines années ?

    Je pense que j’ai vraiment envie de pousser encore plus la partie expérimentale. J’ai vraiment l’impression depuis un an d’être dans un processus de détachement du carcan. J’ai deux pistes qui vont sortir en février, en audio immersif, pour une compilation et vu que ça ne fait pas partie d’un album, ou d’un EP, je me suis permis de partir un peu à droite à gauche. Je me suis tellement amusée et là j’ai plus envie encore d’expérimenter. il y aura toujours de la voix, mais je veux déconstruire les trucs. Mes chansons sont assez lentes, et là je sens que j’ai envie de monter en BPM (rires).

    ✍ David Bartoli

  • JEU MOUV.FM X BE+RADIANCE

    JEU MOUV.FM X BE+RADIANCE

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  • Le mois spécial Roy Ayers

    Le mois spécial Roy Ayers

    Roy Ayers fait partie de ces musiciens qui se situent entre les mondes du jazz et du R&B, ce qui signifie qu’il a souvent été facile pour les critiques de jazz de l’ignorer. Le regretté Richard Cook, dans son Encyclopédie du jazz habituellement fiable , le dédaigne avec mépris comme « l’exemple suprême d’un talent mineur qui a réussi bien au-delà de ses moyens relativement modestes ». Il n’a jamais été un joueur de vibes aussi flamboyant ou inventif que, disons, Lionel Hampton ou Gary Burton – son talent était en tant que chef d’orchestre et vulgarisateur, quelqu’un qui a pu se lancer dans le R&B plus confortablement que la plupart de ses pairs de jazz.

    Un bon nombre de jazzmen de son époque se sont lancés dans le funk, mais Ayers était l’un des rares à pouvoir suivre les changements alors que le funk se transformait en disco. Cela signifie que son canon a une qualité intemporelle : il est devenu l’un des artistes les plus samplés au monde, sa musique résonnant avec des générations de fans de hip-hop ; un héros perpétuel pour chaque génération qui redécouvre le jazz

    Tous ceux qui veulent travailler avec Ayers – il est cette chose rare, après tout : une légende vivante qui continue à faire de la musique. Ces dernières années, il a collaboré avec tout le monde, de Pete Rock à The Roots , Robert Glasper et Guru. Les années 2000 l’ont vu barboter dans la house, avec des gens comme Kerri Chandler et Masters At Work . Et jamais du genre à manquer une astuce culturellement pertinente, Ayers travaille toujours avec de nouveaux artistes – écoutez sa place sur Tyler, le tout nouveau morceau Find Your Wings de The Creator.

    Nul autre qu’Erykah Badu ne l’appelait le « roi de la néo-soul » Ayers n’a jamais été un puriste. Il a navigué avec aplomb entre les mondes du jazz, du funk, du hip-hop et du R’n’B. Cette fluidité musicale a fait de lui une icône pour les musiciens sortant de Philadelphie au milieu des années 90. Son approche ouverte d’esprit les a encouragés à choisir parmi les genres avec un abandon insouciant. De The Roots à Jill Scott, tout le monde s’empressait de le citer comme source d’inspiration. Et Erykah Badu l’a couronné comme « le roi ».

    Il a réussi l’impossible en rendant le vibraphone cool… Cet instrument massif se situe quelque part entre un xylophone surdimensionné et un glockenspiel avec des flûtes de pan supplémentaires. Vous pouvez entendre ses sons de soleil incomparables partout dans les hits signature d’Ayers. La légende raconte que le célèbre percussionniste de jazz Lionel Hampton a remis à Ayers son premier jeu de baguettes de vibraphone lorsqu’il est allé le voir en concert à l’âge de cinq ans. A partir de ce moment, le destin d’Ayers était scellé.

    https://www.youtube.com/watch?v=IO_599OZsYI&t=37shttps://www.youtube.com/watch?v=CghK8iVUHBs&t=363s

  • Angelo Badalamenti « Today… no music »

    Angelo Badalamenti « Today… no music »

    Tristesse chez tous les fans de David Lynch en général, et de Twin Peaks en particulier.
    Angelo Badalamenti, compositeur attitré des œuvres cinématographique de Lynch depuis Blue Velvet (1986) est décédé le 11 décembre à l’age de 85 ans.

    Dès le début des années 60 où il a composé pour Nina Simone, Shirley Bassey, Jean-Jaques Perrey et même Enrico Macias avant d’entamer une carrière dans le cinéma, en tant que compositeur de la bande originale de nombreuses œuvres, Angelo Badalamenti n’a cessé d’imposer sa patte et son style si caractéristiques. 

    Mais c’est sa rencontre avec David Lynch, dont il partageait beaucoup de point communs philosophiques (que l’on retrouve dans leur album commun Tought Gang), qui a permis au monde de vraiment découvrir un musicien hors-pair, dans la capacité à imposer une atmosphère pour accompagner la réalisation.

    Sa composition la plus connue, le thème d’introduction de la série Twin Peaks, pièce majeure et fondatrice de l’histoire des séries, ne saurait faire oublier ses autres œuvres, que ce soit la fameuse danse d’Audrey Horne, ou le blues glauque de la scène du bar à la frontière canadienne. L’on pourrait aussi citer les scènes récurrentes de la Black Lodge avec son saxophone lointain et mystique.

    Cependant, la pièce majeure de la production d’Angelo Badalamenti, en terme de capacité à faire ressentir une émotion, aérienne et pesante pour le coup, sera le thème de Laura Palmer, héroïne malgré elle de Twin Peaks. La genèse de cette réalisation, présente dans la plupart des scènes de la série, est très bien expliquée dans l’extrait vidéo ci dessous.

  • Natty Hô, l’activisite musical réunionnais

    Natty Hô, l’activisite musical réunionnais

    Digger infatigable et compilateur chevronné des musiques de l’océan indien nous a malheureusement quitté début décembre. Amoureux des musiques des Mascareignes, et aussi de Madagascar, il avait à son actif de nombreuses compilations dont Soul Sok Séga, Oté Maloya et Alefa Madagascar sur le label anglais Strut Records.

    Sa passion pour les musiques Sega, Maloya de la Réunion et de Maurice se retrouvait dans ses sets de DJs où il offrait une seconde jeunesse à des morceaux des années 70s qui risquaient de tomber dans l’oubli. 

    Son engagement pour permettre la reconnaissance du patrimoine musical de la Réunion, Maurice et Rodrigues, lui avait valu la reconnaissance de Gilles Peterson qui lui avait consacré une de ses émission Worldwide (n° 983)

    Ancien disquaire, Natty Hô était aussi un DJ Drum&Bass accompli qui fut parmi les précurseurs de la diffusion de la Jungle sur l’Île de la Réunion en important sa collection de vinyles lors de son installation. 

    En soutien à sa famille, une cagnotte a été mise en place ICI

  • Mouv’ découvre…..MadeInParis

    Mouv’ découvre…..MadeInParis

    Arrivé en France vers ses 10 ans, Dave Wayne est un antillais Néerlandais de 25 ans qui bouscule tout dans l’univers Rap français. le jeune artiste est un cas à part ayant pour langue natal l’anglais, il interprète sa musique en français, ce qui est un cas rarissime.

    Mais malgré son statut désormais ancré d’interprète en français, c’est bien avec la musique américaine que MadeInParis s’est façonné. Limiter madeinparis à un simple rappeur serait lui manquer de respect. Il est à la fois ingénieur son, photographe, réalisateur, graphiste, en bref un artiste complet. Cette palette artistique lui permet de proposer un rap unique en france, qui n’a pas grand chose à envier à la scène d’atlanta.

    Derrière l’érotisme exacerbé qui transparaît vivement dans l’œuvre de MadeInParis, celui-ci ne voit qu’une forme de sincérité sur sa manière d’être.

    Pas encore une star malgré ces premiers succès, MadeInParis sait déjà où il va, notamment d’un point de vue stratégique. Sur la question d’être très présent musicalement jusqu’à se rendre incontournable ou plutôt de se faire plus discret pour vendre la rareté de sa musique. Sur la pente ascendante grâce à une visibilité nouvelle sur les réseaux sociaux et une patte artistique qu’il développe à vue d’oeil, MadeInParis s’affirme donc comme un rookie à suivre de près. Et bien conscient que le plus dur reste à venir.
    Les seuls artistes avec lesquels il rêvait de se produire sont PartyNextDoor, Burna Boy et The Weeknd qui l’a inspiré à faire de la musique.

    MadeInParis ne manque pas de proposer du contenu auditif à son public. En effet, en deux ans, l’artiste a sorti quatre projets. En mai 2019 sort sa première mixtape Dopamine Effect, composée de 13 titres. Suivront Toujours Plus en 2019 et Vide en début d’année 2020, avant de revenir en décembre avec son nouvel EP Quel beau jour pour mourir, venant boucler cette année qui fut la sienne.

    Une accession artistique rapide mais calculée. Des projets qui proposent de moins en moins de titres. Un choix judicieux et assumé par l’artiste qui se concentre à présent sur la qualité et la diversité. Ainsi, son troisième projet, composé de 10 titres, a permis à son public de s’intéresser davantage à cet artiste et s’imprégner de son univers

    https://www.youtube.com/watch?v=U41UkfKGchQ

  • Jeff Mills signe la bande originale du défilé Dior aux Pyramides de Gizeh

    Jeff Mills signe la bande originale du défilé Dior aux Pyramides de Gizeh

    Dior a associé la techno de Detroit de Jeff Mills à sa collection d’inspiration science-fiction.
    Intitulée « Celestial », la dernière collection homme automne/hiver de Dior puise son inspiration dans la science-fiction et l’esthétique techno. Dévoilée devant les pyramides de Gizeh, en Egypte, dimanche 4 décembre, la gamme est composée de 75 pièces au design futuriste. À l’occasion, Kim Jones, directeur artistique de Dior, fait appel à Jeff Mills, figure emblématique de la techno et fondateur du label AXIS Records, pour produire la bande originale du show.

    Dans la bande originale on retrouve, entre autres, des morceaux plus récents mais aussi de grands classiques comme Step To Enchantment et Gamma Player . A la fin du mois, le producteur de Motor City sortait son nouvel EP Extension , qui revient sur une matière techno aux grooves minimalistes, marque de fabrique de The Wizard.

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  • Le mois spécial Outkast

    Le mois spécial Outkast

    Bien qu’ils atteindraient le courant dominant de la culture pop mondiale en tant que futuristes psychédéliques pleinement formés, la vie enregistrée d’OutKast a commencé avec un sentiment d’eux en tant que suiveurs, même s’il y avait des indices qu’ils deviendraient des leaders. Leur premier album, Southernplayalisticadillacmuzik, contenait plus que la moyenne d’individualité et d’iconoclasme pour son époque, mais la sortie de 1994 a trouvé André 3000 et Big Boi portant encore fièrement quelques influences sur leurs manches.

    Cela convient au statut de l’album en tant que travail de deux lycéens qui n’en revenaient pas tout à fait de leur chance – une rencontre fortuite avec l’équipe de production de Organized Noize et une session de rap impromptue devant la voiture de Rico Wade, le duo faisant du freestyle sur l’instrumental de A Tribe Called Quest’s Scenario, a conduit à une apparition sur un remix d’un single par des stars locales TLC. Cela a à son tour présenté OutKast au label LaFace d’Atlanta et leur a valu leur contrat. Au moment où ils se sont penchés sur leur premier LP, le duo se sentait suffisamment différent de ses camarades de classe pour porter le nom d’OutKast comme un insigne d’honneur, mais ils étaient toujours sous l’emprise des styles et des sons de l’époque. 

    En 1994, Outkast sort son premier album, Southernplayalisticadillacmuzik . Succès critique et commercial, il met en lumière l’originalité et le penchant du duo pour les crochets accrocheurs. ATLiens (1996), leur suite, présentait le tube « Ascenseurs (moi et toi) » et s’est vendu à 1,5 million d’exemplaires.

    Le troisième effort d’Outkast, le double platine Aquemini (1998), employait plus d’instruments live et a remporté une nomination aux Grammy Awards pour le single « Rosa Parks ». Au fur et à mesure qu’Outkast approfondissait la sophistication de leurs paroles souvent inspirantes et élargissait leur éclectisme musical, ils n’ont jamais perdu leur sens de l’humour unique. L’image du groupe est devenue une signature, notamment les plus flamboyantsgarde-robe de Dré (rebaptisé André 3000), et leur théâtralité et leurs vidéoclips stylés sont devenus la marque de fabrique d’Outkast.

    Bien avant que les stars Dr. Dre, Eminem, Snoop, Kendrick et Mary J. Blige ne soient recrutées pour se produire au Super Bowl, Outkast a presque mis le hip-hop au premier plan lors de son illustre spectacle de mi-temps de 2004. Suivant les traces de Queen Latifah et Nelly qui se sont produites respectivement aux Super Bowls de 1998 et 2001, ‘Kast est presque entré dans les livres en tant que premier duo de rap à honorer la scène NFL. 

    Le groupe a réédité Stankonia , qui présentait du matériel inédit, pour commémorer le 20e anniversaire de l’album en 2020.

    https://youtu.be/PWgvGjAhvIwhttps://youtu.be/-JfEJq56IwI

  • Euzane Palcy, un destin Martiniquais

    Euzane Palcy, un destin Martiniquais

    Quelle fierté pour la Martinique de savoir qu’une de ses enfants pourrait se targuer d’avoir un des plus beaux parcours mondiaux en tant que réalisatrice et scénariste au cinéma. Il est des destins parfois imprévus. Comme quand une jeune Gros-mornaise, ville peu connue pour son nombre de salles obscures, développe une passion pour le cinéma qui l’amènera à devenir rapidement une figure incontournable des studios français et américains, dès la fin des années 1970.

    C’est bien d’Euzhan Palcy que l’on parle, née en 1958, réalisatrice précoce à 17 ans d’un téléfilm pour ce qui allait devenir bien plus tard Martinique 1ère, et qui adaptera en 1983, le roman de Joseph Zobel, La Rue Case-Nègres, dans un long-métrage éponyme. Ce haut fait d’armes cinématographique, qui a pu aussi exister grâce au soutien de personnes du milieu qui ont ressenti le potentiel de Palcy, a reçu un accueil émouvant par un public découvrant bien souvent pour la première fois la dure réalité de l’existence des Noirs de Martinique, à une époque où les rapports sociaux et économiques étaient encore plus durs et tranchants que de nos jours. La grande force d’Euzhan Palcy a été d’apporter sa sensibilité de martiniquaise, évidente, à sa maitrisé innée des codes de la narration visuelle du cinéma.

    Le succès public et critique de Rue Case Nègres, avec de très nombreuses récompenses internationales pour une première œuvre, amène Euzhan a être reconnue par ses pairs des grands studios de Hollywood qui lui proposeront de nombreux projets, dont le principal sera d’écrire et réaliser en 1989, le film Une saison blanche et sèche, qui narre l’histoire d’un professeur se levant contre les injustices criantes du régime de l’apartheid en Afrique du Sud.

    En plus de la qualité de cette oeuvre, qui est de nouveau un succès critique, c’est l’occasion pour Euzhan de diriger Marlon Brando, spécialement sorti de sa retraite. Cela sera la seule fois que l’acteur mythique sera dirigé par une personne féminine et noire, qui plus est pour le salaire minimum légal en tant qu’acteur, alors qu’il avait refusé d’apparaitre quelques minutes dans le Parrain 2 pour moins d’un million de dollars.

    Par la suite, Euzhan Palcy réalisera un conte musical issu de l’imaginaire fantastique martiniquais (et caribéen au sens large), Siméon, ainsi qu’un documentaire en forme de triptyque sur Aimé Césaire, qu’elle a suivi quelques mois pour capter l’essence de son parcours.

    Elle continue depuis son parcours américain, montant des projets de dessins animés ou de documentaires, et s’inspire aussi du mode de fonctionnement de Terrence Malick en espaçant de plus en plus ses œuvres, pour se concentrer sur le cinéma dans sa Globalité.

    Avec un telle carrière, inédite non pas parce qu’Euzhan Palcy est une femme noire, mais surtout parce qu’elle est une réalisatrice accomplie, techniquement irréprochable, avec une patte bien à elle et un impact certain dans l’Histoire mondiale du cinéma. Elle a reçu de nombreuses récompenses internationales lors de ces 40 dernières années, avec en point d’orgue un Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière remis le 19 novembre 2022 à l’Académie à Los Angeles. Un privilège mérité dont peu peuvent se vanter, ce qu’elle ne fera pas, de part sa nature discrète.

    Une fierté martiniquaise, tout simplement.

  • Congo Natty retraçe l’évolution de la jungle avec Ancestorz

    Congo Natty retraçe l’évolution de la jungle avec Ancestorz

    En ce qui concerne les créateurs du son Jungle britannique, Mikail Tafari, mieux connu sous le nom de Congo Natty ou Rebel MC, est l’un des pères fondateurs les plus critiques et les plus influents et fait certainement partie du projet de la scène. Musicalement, il est resté à l’avant-garde depuis la création de Jungle au début des années 90, publiant des classiques intemporels, dont beaucoup continuent d’être joués dans le monde entier.

    Connu pour sa musique positive, énergique et socialement consciente qui allie l’arrogance et la conscience de classe de son milieu londonien à l’influence créative et au politisme de son héritage paternel jamaïcain, Congo Natty a eu une influence massive sur la croissance de la musique de danse moderne britannique.

    « Ancestorz », dont la sortie est prévue le 21 octobre via NewState, compte 30 titres; l’album raconte l’histoire de la diaspora mondiale, tissant des racines mystiques de l’Amérique natale à l’Inde, de la Jamaïque au Japon, donnant une voix au peuple. Congo le décrit comme l’œuvre de sa vie. L’un des avantages du confinement est que Tafari ait eu le temps de produire cet immense opus de 31 titres, une lettre d’amour à la culture sound system

    Ancestorz retrace les voyages de Tafari à travers les rues de Tottenham, les studios d’enregistrement de Kingston, la terre promise rastafarienne de Shashamene, l’Éthiopie et plus encore. Explorant les diverses influences de la jungle et son riche héritage mondial, le LP utilise un large éventail de fonctionnalités et d’échantillons pour mettre en évidence les voix et les influences sur lesquelles son son s’appuie. Enraciné dans les lignes de basse lourdes, les breakbeats animés et les boucles de percussion syncopées du style jungle que Congo a contribué à créer, Ancestorzrend hommage aux fondamentaux tout en allant au-delà de ces fondements de base. Les rythmes et les lignes de basse de base de la junglist sont complétés par divers autres sons, du saxophone doux et émouvant des innovateurs contemporains du jazz londonien Shabaka Hutchings et Nubya Garcia

    https://www.youtube.com/watch?v=o430dSNR6uU