Il y a indéniablement dans la voix d’Amy Winehouse un fond de cette soul optimiste de l’Amérique mais aussi une note lancinante de la noirceur britannique. La jeune londonienne, née à Southgate un jour de septembre 83, avait en effet très tôt été bercée par les airs jazz du transistor paternel et les répétitions de cabaret de grand-mère.

Artiste fulgurante, elle aura eu une carrière aussi riche que chaotique, marquée principalement par sa triple distinction aux Grammy Awards de 2008, dont celles de Meilleure nouvelle artiste et d’Album de l’année pour Rehab. Avec un style grunge distingué, elle frappe par une désinvolture maîtrisée, marquée notamment par cette coiffure emblématique au chignon choucroute. Dans la vie, la jeune femme boit beaucoup et, consommatrice invétérée de toutes drogues, affirme son style « ladette » (mouvement d’émancipation féministe extrême du Londres de 1990) à qui veut l’entendre. On la retrouve aux bras de personnages non moins troubles comme Pete Doherty (des Babyshambles)ou encore son mari producteur vidéo Blake Fielder-Civil, connu pour ses nombreux démêlés avec la justice. La chanteuse, malgré plusieurs tentatives de désintoxication dont une retraite sur l’île de Sainte-Lucie dans les Caraïbes n’arrivera jamais à se sortir de ses angoisses.

Elle collaborera furtivement pendant les dernières années avec des artistes de renom comme Mark Ronson ou Prince, mais échouera piteusement dans des représentations live désastreuses. Amy Winehouse s’éteint à 27 ans dans son pavillon en banlieue londonienne, le tatouage sur l’épaule à l’effigie de sa grand-mère n’ayant lui pas pris une ride.

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